Economie plurielle et économie solidaire


Dans une période où les modèles de développement dominants font peser des menaces sur les équilibres sociaux et écologiques, il s’agit de mettre en évidence la réalité plurielle de l’économie et les registres de solidarité sur lesquels sont fondées certaines de ses composantes. Pour qu’existe un débat sur les orientations économiques, il est nécessaire que soient visibilisées les diverses logiques et formes économiques y compris celles qui sont les plus souvent dénigrées ou occultées. Une économie plurielle par les principes mobilisés et les formes de propriété est susceptible de dessiner les voies d’une solidarité démocratique redéployée dans un contexte évolutif.

Services de proximité et initiatives locales

Les expériences analysées et évaluées par le CRIDA dans le domaine des services de proximité et des initiatives locales se développent dans des domaines variés : aide à domicile, accueil de la petite enfance, gestion de l'environnement, "nouveaux services". Ces études sont réalisées à partir d'une approche plurielle de l'économie, prenant en compte les différents modes d'hybridation de ressources (marchandes, non marchandes et de la réciprocité), et d'une attention forte portée à l'implication des usagers dans la conception et le fonctionnement de ces expériences. Les nouvelles formes de professionnalités à l'œuvre et leur redéfinition dans ces services sont aussi analysées ainsi que les modalités de pérennisation et de consolidation économique de ces "nouvelles activités". Ces travaux visent généralement aussi à interroger les politiques publiques en leur direction et à contribuer à leur amélioration en interaction avec les initiatives locales et leurs réseaux.

Insertion, politiques de l'emploi et politiques sociales

Tout un pan des recherches du CRIDA porte sur les recompositions des pratiques et des politiques qui, entre protection sociale et marchés de l'emploi, forme cette zone grise des différentes formes d'insertion. S'y dévoilent des recompositions majeures dans les régulations sociales et politiques entre la puissance publique, le marché et la société ainsi que de nouvelles représentations du rapport à soi - de son identité -, aux autres et au monde pour nombre de sujets sociaux. En concomitance avec d'autres phénomènes économiques, sociaux et culturels, ces travaux tentent de comprendre les pratiques et les politiques d'insertion comme un changement de régime des rapports sociaux dans les sociétés dites développées, en particulier dans l'effritement de l'armature intégratrice et institutionnelle antérieure. Il s'ensuit des recherches sur les recompositions des régulations politiques et sociales entre le local et le central, sur l'histoire des politiques et des pratiques d'insertion, sur les identités des sujets en insertion qui impliquent un remaniement des théories sociologiques des identités sociales trop axées tout à la fois sur les effets de système, les stratégies individuelles dans les expériences de pouvoir et trop peu développées à partir des mondes vécus des personnes.

Association et démocratie 

L’accent est mis sur plusieurs dimensions complémentaires :
- la liberté des acteurs à s'engager dans une action collective orientée vers la réalisation d'un bien commun défini par les acteurs eux-mêmes ;
- l’inscription du marché dans un ensemble de règles institutionnelles ayant pour rôle de le socialiser et de le replacer dans son rôle de moyen permettant d’atteindre des finalités de bien-être, mais aussi de justice sociale et de soutenabilité écologique ;
- la réaffirmation de la place des principes de redistribution et réciprocité dans l’économie contemporaine comme expressions d’une solidarité revendiquée permettant, de prendre en compte l’intérêt général et l’utilité sociale, le moyen terme, les indices de développement humain.

 

Ethique et économie

La résurgence du souci éthique dans les entreprises privées comme publiques et de plus en plus dans le secteur associatif, réactualise une question au cœur de la sociologie naissante. Max Weber s’est consacré à l’analyse de l’ethos du capitalisme, Emile Durkheim, à la morale économique et aux conditions théoriques et pratiques de sa restauration : l’un et l’autre, aux problèmes liés à la démoralisation de la vie économique dans le capitalisme moderne. Cet objet doit toutefois être repensé au regard des spécificités contemporaines.
Cette thématique, ainsi que celles de la responsabilité sociale de l’entreprise et du développement durable rencontrent un intérêt croissant chez de nombreux acteurs. Un travail à partir de leurs questionnements s’est donc engagé. Ces recherches en prise directe avec leurs préoccupations ont donné lieu à différentes études et interventions dont certaines sont en cours. Parmi les recherches les plus récentes on peut mentionner deux études commanditées par le Conseil Supérieur Consultatif des CMP d’EDF :
- « Ethique et responsabilité sociale des entreprises – Quelles réceptions chez les salariés ? » (2004/2006)
- « Ethique et luttes sociales. » (2007 pour une durée 3 ans). Cette recherche concerne 5 entreprises du secteur de l’énergie. Elle a pour base empirique 150 entretiens de syndicalistes de terrain.

 

 

On trouvera dans la rubrique Publications les références des principaux travaux menés sur ces différents axes.